Le Dr Claude Gindrey est anesthésiste réanimateur depuis une trentaine d’années. Aujourd’hui responsable de l’unité d’anesthésiologie obstétricale à St Denis, au site nord du CHU de La Réunion, petite île au bout du bout de l’Océan Indien qui l’a vue grandir, il est également auditeur à l’Institut de Hautes Etudes de la Défense Nationale et membre de France Transplant. Et surtout, il est passionné d’informatique !

Expliquez-nous quelle a été la place du numérique dans votre carrière ?

Déjà en 1986, ma thèse médicale présentée à Caen s’intitulait « Le médecin praticien face à l’urgence médicale grave : conduite, matériel et trousse d’urgence. Proposition d’Enseignement Assisté par Ordinateur (EAO) ». L’écran était tristement noir, les questions s’affichaient en vert fluo, il n’y avait pas de possibilité de mettre une image de scope, une photographie quelconque : c’était virtuel, bien sommaire et assez pauvre ! On pouvait néanmoins établir un score et cela servait à l’auto-évaluation des jeunes externes mis dans les ambulances de pompiers sans aucune formation à l’époque… Rien à voir avec la simulation médicale actuelle telle celle proposée par le laboratoire Ilumens de Paris Decartes… et le credo « Jamais la première fois sur le patient ».

Mais l’idée, malgré tout, avait plu au Jury de Thèse, qui l’avait trouvée innovante et j’avais bénéficié de sa bienveillance et de son indulgence… Quelques mois après, en 1988, je participais au choix du Macintosh II et du logiciel omnis pour équiper le secrétariat de la Société Française d’Anesthésie Réanimation qui a permis la réalisation du fichier des anesthésistes réanimateurs français et le décuplement du nombre de participants au congrès.

Mon Macintosh SE personnel me servait parfois à faire les 7 points hémodynamiques au cours des toutes premières transplantations hépatiques adultes et enfants à Cochin en analyse multicritère graphique : ce qui aidait à mieux guider la réanimation mais c’était laborieux…

Pourquoi vous intéressez-vous à MedPics ?

Passionné donc par les applications de cet extraordinaire outil informatique et par ses retombées didactiques, car dyslexique et dyspraxique, c’est donc avec un vif intérêt que j’ai découvert début 2015, grâce aux réseaux sociaux professionnels, l’application Medpics et toutes ses potentialités d’enseignement facilité, sa grande richesse iconographique, ses interactions entre apprenants et seniors, chacun pouvant apprendre de l’autre et ceci de façon ludique.

Quel en est votre usage ?

C’est plutôt sur des tracés d’électrocardioscope bizarroïdes (mon quotidien) que j’interviens, et par photographie d’écran (rarement).

En fait j’apprécie plutôt découvrir des diagnostics dermatologiques ou réapprendre la lecture de radiographies ou de scanner ou d’IRM, ou encore les discussions extemporanées entre spécialistes qui me font découvrir plein de nouvelles choses.

On apprend tous les jours en médecine, vieil adage, n’est-ce pas ? Mais c’est encore plus vrai avec Medpics, très ergonomique…

Les tutoriels sont toujours bien faits, et très didactiques. D’ailleurs, j’espère que cet outil pourra bientôt proposer des tutoriels vidéos qui me semblent très utiles, notamment pour aider les équipes à se former (je pense notamment à cette vidéo sur les pansements au chitosan en obstétrique, vraiment utile pour les maternités des pays émergents).

Je suis également heureux d’avoir rencontré de nouveaux amis virtuels avec lesquels les échanges d’idées sont toujours une joie et un plaisir.

Un dernier mot à ajouter ?

Une autre découverte que je conseille entre autre à mes collègues réservistes sanitaires de l’EPRUS et ceux qui font des missions humanitaires : l’application Mediglotte, afin de mieux communiquer avec les patients étrangers !