A la lecture de l’article du Courrier Picard sur la faculté de médecine d’Amiens, il semblait intéressant de creuser les raisons du « ras-le-bol » des étudiants. L’occasion de rencontrer Mickaël Aubignat, interne en neurologie à Amiens, également élu au conseil de gestion de l’UFR de médecine et élu à la CME du CHU Amiens Picardie et de l’interroger sur les voies d’amélioration de la formation initiale des médecins.

Cet article est le 1er opus de notre nouvelle série Dessine moi ta fac idéale (#DMTFI) en partenariat avec l’ANEMF.

Manque de moyens, de motivation et d’ambition ?

La discussion débute de manière claire et directe : « Le problème de notre fac c’est celui de toutes les petites facs de province ». Et d’expliquer qu’en quelques années, “Amiens est passé d’un numerus clausus de 96 à 200 étudiants, en conservant les mêmes moyens et le même nombre de professeurs. Les petits groupes de TP étaient légion, aujourd’hui c’est devenu quasiment impossible”.

Le manque d’enseignants semble être corrélé avec la démotivation ambiante. « Certains professeurs font les mêmes cours depuis 15 ans, ils sont restés coincés dans le fond et dans la forme ». Les étudiants s’ennuient, les cours ne sont pas adaptés et de fait, ils ne viennent plus, ce qui démotive encore plus l’enseignant. « Un cercle vicieux » comme l’explique Mickaël.

« On nous dit souvent que de toute façon, dans les petits facs, nous ne cherchons pas à être bien classés car nous visons médecine générale ou des spécialités qui ne nécessitent pas un bon classement. J’ai voulu le vérifier ». Mickaël est en train de mener une étude en 2 phases auprès de ses camarades. En mars, il leur a fait remplir un questionnaire sur leur souhait de classement, de spécialité et de ville ; résultats qu’il va comparer aux choix finaux. L’analyse est en cours et les conclusions seront livrées très bientôt.

Et l’enseignement idéal alors ?

Aujourd’hui, les enseignements sont disponibles aisément sur internet, rendant peu pertinents le cours magistral traditionnel : « L’intérêt c’est que les étudiants fassent le cours, avec leurs questions. La pédagogie inversée, cela se développe beaucoup dans d’autres universités ».

Mickaël évoque alors le e-learning, les cours interactifs avec la possibilité de poser des questions en direct ; très loin de ce qu’ils connaissent actuellement.

Parmi ses professeurs, celui d’hématologie semble avoir trouvé grâce aux yeux des étudiants lassés. Il réalise des diaporamas vidéo de 15 minutes qu’il met sur l’ENT, organise quelques séances de questions / réponses et réalise un examen en contrôle continu. Le format est plébiscité par les étudiants : « 15 minutes, cela permet de rester concentré et de retenir l’essentiel, au contraire d’un cours de 2 ou 3h où la perte d’informations est importante ». Et d’ajouter que ce type de cours est devenu une habitude à Limoges, où chaque item d’ECN a sa vidéo.

Première piste pour une fac idéale : dématérialiser les supports, raccourcir les formats de cours et développer la pédagogie inversée ! Des thématiques que nous ne manquerons pas d’aborder avec des experts en pédagogie dans nos prochains articles.