Cynthia Bonacossa est une ancienne étudiante en médecine de Rio de Janeiro. Après quelques travaux publiés dans son pays, elle profite d’un séjour à la maison des auteurs d’Angoulême pour publier son premier album en français “Carabin et Caïpirinha”.

Pour MedPics, Cynthia Bonacossa nous raconte comment se passent les études de médecine et le quotidien des étudiants dans son pays d’origine.

À quel moment as-tu voulu faire médecine et pourquoi ce choix ?

Je viens d’une famille plutôt traditionnelle et le choix était d’être médecin, avocate, ingénieur, etc. À l’école j’aimais la science et la biologie, de plus la difficulté des études et du métier m’a poussé à aller vers ce choix. Je voulais prouver que j’étais capable d’y arriver.

Où as-tu fait tes études ?

J’ai fait mes études à l’université fédérale de Rio de Janeiro, je suis allée dans cette université parce que je suis de là-bas, c’est la fac la plus qualifiée au Brésil !

Comment se déroulent les années de médecine au Brésil ?

Chaque université organise son “vestibular”, c’est un concours d’entrée à l’Université. À Rio, c’était 3 jours d’examen, des questions à réponse libre avec des matières spécifiques : biologie, portugais, chimie, histoire, géographie et mathématique.
Au Brésil, le cursus de médecine est sur 6 ans et nous choisissons notre spécialité, celle que nous voulons, il n’y a pas d’ECN, il faut juste être accepté dans une résidence. Ensuite les années d’internat dépendent de ta spécialisation, par exemple pour la pathologie c’est 4 ans.
Nous avons comme en France, la médecine générale qu’on appelle clinique générale, pédiatrie, obstétrique, chirurgie, etc.

Dans ma fac, il y a un hôpital fédéral, c’est un complexe. À partir de la 3e année, nous sommes tous les jours à l’hôpital, nous devons accompagner des patients, faire des consultations. Nous sommes en contact permanent avec les patients. Nous devons aussi faire des stages dans d’autres hôpitaux plus spécifiques comme par exemple des cliniques populaires, des maternités.

As-tu pris une spécialisation pendant tes études ?

Je n’ai pas pris de spécialisation, mais j’ai fait mon internat à l’hôpital MOUNT SINAI de New York où j’ai vu la pathologie, la nécropsie et la gynécologie.
Si un jour je reprends mes études, je choisirais la pathologie, car on n’est pas en contact direct avec les patients, et ce qu’il me plaît dans la médecine c’est la science.

Pourquoi as-tu utilisé comme thème la médecine pour tes dessins ?

J’ai toujours adoré le dessin, à la fac je m’occupais de faire les illustrations sur les t-shirts, et je dessinais des petites histoires sur le stress et la pression qu’on peut ressentir en médecine. Mais c’est à New-York que j’ai commencé à créer ma BD et je me suis rendu compte que même si j’adorais la médecine, le dessin prenait une part plus importante.

Des améliorations à faire dans le cursus médecine en général, au niveau de l’enseignement de la fac ?

L’enseignement au Brésil n’est pas le même qu’en France. Quand j’étais étudiante ce que je n’aimais pas c’était les professeurs qui venaient nous faire cours alors qu’ils n’en avaient pas l’envie, ils étaient obligés car ils travaillaient pour l’hôpital ou parce qu’ils faisaient des recherches au sein de la fac. Donc la plupart n’étaient pas du tout pédagogue.
Les étudiants de médecine auraient besoin d’un fort soutien psychologique, car on côtoie la maladie, la mort et j’ai vu beaucoup de collègues (moi incluse) qui avaient du mal à supporter la pression.